Zoom Le COUP脡-D脡CAL脡 : musique populaire au rythme tonique

A l’instar du zouglou, le coupé-décalé est une musique urbaine qui a conquis une grande partie de la jeunesse ivoirienne. D’où vient ce rythme ?

Tout commence dans les années 2000. Un groupe de jeunes ‘’binguistes’’  –argot désignant des ivoiriens vivant en France- rentre au pays avec un nouveau concept. Ils le nomment ‘’coupé-décalé’’ . Une appellation argotique qui signifie ‘’voler, arracher et courir’’ . Ce concept était soutenu par une musique faite d’un mélange de sonorités ivoiro- congolaises. Des pas de danse singuliers dominés par un geste de la main qui coupe. Ces jeunes avaient l’art de porter des vêtements de marque, avec une allure de jet-setters. Chacune de leurs apparitions publiques était marquée par la distribution de billets de banque. Un phénomène qu’ils ont nommé ‘’travaillement’’.

Tout était réuni pour plaire car le coupé-décalé venait ainsi de rompre avec toutes les habitudes du showbiz classique. Doukouré Stéphane Amidou  dit Douk Saga  et ses amis Jean Jacques  kouamé (JJK),  Bôrô Sangui, Lino Versace, Molare, Serges Defalet ont porté le mouvement, le faisant épouser par une frange de la jeunesse. A la mort de  Douk Saga en 2006, des dissensions vont éclater au sein de son groupe. Les créateurs évolueront désormais en solo.

Un rythme tonique

Le mouvement va connaître une réelle mutation. Le style vestimentaire tout comme les pas de danse et la musique seront dénaturés. Les disc-jockeys vont se l’accaparer en y ajoutant leur touche. Les tubes se multiplient. Les pas de danse deviennent plus toniques. Ce sont des pas endiablés qu’ils nommeront ‘’roukasskass’’. La concurrence devient rude. Certains DJ résistent au temps.

D’autres tels que  Debordo Leekunfa, Arafat DJ, Serge Beynaud… se disputeront les fans. Leur génie créatif va plaider en leur faveur. Chacun y va de son inspiration. Ce sera l’âge d’or du coupé-décalé avec une ouverture sur  l’international. Les featurings avec les artistes étrangers se multiplient. Une grande partie de la jeunesse est séduite. L’adrénaline monte avec les nouvelles stars qui l’entretiennent par leurs concepts uniques. De quoi enflammer les soirées dans les dancings et autres coins branchés du pays.

Une étoile s’est éteinte Il brillait aussi bien pour son talent que pour ses frasques. Arafat DJ , autoproclamé roi du coupé-décalé avait l’inspiration à profusion. Des fans, il en avait. Du fait de leur grand nombre, il les appelait ‘’les chinois’’  et lui était leur Président. Artiste sulfureux, Arafat Dj  était un modèle pour de nombreux jeunes. Voitures de luxe ou encore grosses motos, il avait cette vie de star  qui ne s’imposait aucune barrière.

Il était friand des soirées arrosées. Il vivait à fond sa vie. Arafat Dj , avait ce côté bad-boy qui le caractérisait. D’ailleurs, il s’enorgueillissait d’avoir grandi dans la rue. Il avait une forte personnalité qu’il entretenait au travers des buzz et autres clashes (des piques qu’il adressait à ses confrères ). Arafat Dj , avait fini par se mettre à dos plu sieurs d’entre eux. Passionné de moto, il l’était également. Son dernier tube qu’il a baptisé ‘’Moto-Moto’’  en est une parfaite illustration. Mais hélas, cette passion pour la moto l’a arraché à l’affection des siens dans la soirée du 11 août 2019. Arafat DJ , n’a pas survécu à ce grave accident. Houon Ange Didier ou encore Yôrôbô, Ave Cesare, Beerus Sama … Daïshikan a définitivement rangé le micro.

Adieu l’artiste !