Zoom L鈥檕rphelinat de Bingerville: retour sur un 茅tablissement centenaire

Il est le premier orphelinat de Côte d’Ivoire. Son histoire reste cependant méconnue. En vue de la vulgariser, un ancien pensionnaire de cet orphelinat centenaire, le Général de Brigade Assamoua Guiezou Konan Edouard a bien voulu la consigner dans un livre intitulé “De la Maison des métis aux orphelinats de Bingerville et Grand Bassam de 1903 à 2018”.

Vieux de cent ans, l’orphelinat  de Bingerville  n’a rien perdu de sa superbe. Il abrite depuis belle lurette des orphelins. Nombre de personnes le visite au quotidien pour leur apporter un soutien aussi bien en vivres qu’en  affection. Mais très peu savent l’histoire de cette institution. De nombreux enfants y sont passés. Aujourd’hui éparpillés, ils tentent de revenir sur leurs pas avec le projet de création d’une fondation.

La Maison des Métis

C’est le point de départ de tout. Après le transfert de la colonie à Bingerville en 1900, le Gouverneur de l’AOF Ernest Roume s’inquiète d’un constat. Celui de l’abandon des enfants métis par leurs pères. Il décide alors de créer dans chaque chef-lieu de colonie, un établissement qui a pour vocation de recueillir ces enfants métis, de les instruire et de les éduquer. En 1910, naîtra “La Maison des Métis” située sur l’actuel site du Lycée garçons de Bingerville. Mais en 1930, cet établissement sera fermé. Neuf années plus tard, c’est sous une nouvelle dénomination que l’établissement rouvrira ses portes : “Foyer des métis”. A la faveur du transfert de la capitale à Abidjan en 1934, le foyer des métis sera relocalisé au palais du gouverneur. Cette réouverture consacrera l’entrée des filles.

Du foyer des métis à l’orphelinat

Comment sont-ils passés de foyer à orphelinat ? Deux thèses s’opposent. Celle qui semble la plus plausible raconte l’histoire d’un européen dont le cuisinier était africain. Ce cuisinier, veuf, avait à sa charge trois enfants. A son décès, son employeur de façon exceptionnelle demande que le foyer des métis les accueille. Ils furent les premiers orphelins en 1952 à intégrer cet établissement. Plusieurs autres suivront. Devant l’afflux d’orphelins en 1953, le foyer des métis devient “Orphelinat National de Côte d’Ivoire”. Sa capacité d’accueil va s’avérer insuffisante vu qu’il est désormais un établissement mixte. Que faire ?

Orphelinat de Grand Bassam

Le Directeur d’alors, Gilbert Drucy pour régler ce problème va émettre l’ingénieuse idée de créer un nouvel orphelinat à Grand- Bassam. Lequel sera exclusivement dédié aux filles. L’idée fût acceptée et en 1972, cet orphelinat verra le jour avec une soixantaine de pensionnaires. Ainsi résumée l’histoire de ces orphelinats que l’auteur a pris le soin d’enrichir avec des témoignages et anecdotes dans un ouvrage de 300 pages.