Zoom Bernard Dadi茅, l鈥檌mmortel

Il est le père de la littérature ivoirienne. Bernard Binlin Dadié s’est éteint à l’âge de 103 ans laissant derrière lui, un patrimoine culturel inestimable.

Né en 1916 en pleine période coloniale, Bernard Dadié a fait ses classes à l’école William Ponty de Dakar, cet établissement de grande renommée à qui l’on doit l’éclosion d’éminents écrivains, politiciens ou autres hommes de valeur qu’a connue l’Afrique. Militant pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire, il fut également journaliste et homme politique. Ecrivain, il aura marqué son temps. Il est de ceux qui ont frayé un chemin à la poésie et à la légende d’Afrique dans la littérature française. Il est sans prétention aucune, celui qui a donné un visage à la littérature ivoirienne. Ce qu’a bien reconnu l’UNESC O en lui décernant en 2016, le premier prix Jaime Torres Bodet. Un talent que lui a reconnu l’Académie des sciences, des Arts, des Cultures d’Afrique et des Diasporas Africaines (ASCAD)  qui a fait de lui un immortel. Fervent défenseur de la culture africaine

Bernard Dadié à l’instar de nombre de ses pairs était un pourfendeur du colonialisme. D’ailleurs, il se faisait  le chantre de la préservation du riche patrimoine culturel africain. En 1950, il publiera un recueil de poèmes très engagés ‘’Afrique debout !’’  qui dénonce les relations de domination entre blancs et noirs dans l’Afrique coloniale. Le poème ‘’Je vous remercie mon Dieu’’ est très évocateur :

Je vous remercie mon Dieu, de m’avoir créé noir (….) ; Le blanc est une couleur de circonstance Le noir la couleur de tous les jours Et je porte le monde depuis le premier soir.

Un héritage précieux Auteur prolifique, Bernard Binlin Dadié laisse en héritage de  nombreuses oeuvres. Il abordait tous les genres littéraires, notamment les chroniques, la poésie, le théâtre, le roman et les contes traditionnels. Il laisse une bibliographie très fournie de laquelle l’on retiendra ‘’Un nègre à Paris’’. Egalement, ‘’Patron de New York’’ et ‘’La ville où nul ne meurt’’ qui lui ont valu par deux fois le grand prix littéraire d’Afrique noire en 1965 et 1968. Sa célèbre oeuvre théâtrale ‘’Monsieur Thôgô Gnini’’ retrace l’histoire de Thôgô Gnini, porte canne du roi. Ce dernier ayant longuement exploité son peuple finira par se retrouver en prison du fait de son injustice. N’oublions pas son premier roman, ‘’Climbié’’ paru en 1952. Cette liste de ses oeuvres n’est pas exhaustive. Toutes ont cependant le mérite d’être étudiées dans le système éducatif ivoirien. Mais hélas, l’écrivain part sans avoir véritablement transmis son savoir confirmant l’assertion d’Ahmadou Hampaté Bâ selon laquelle ‘’Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle’’.

Adieu !